Le Chemin qui Marche



Alors que je cherchais le sens de ma vie, un Maître me fit la réponse suivante :

"Si tu te demandes dans quel sens avancer, regarde tes pieds."

Cette phrase s'est inscrite profondément dans ma mémoire, d'abord par ce que je la trouvais drôle, ensuite parce qu'elle se prolongeait dans mon interrogation comme un Koan Zen. Elle donnait une réponse évidente et concrète, il suffisait que je regarde mes pieds. Je savais qu'elle m'accompagnerait longtemps.

Le sens, la direction permet une orientation et celle-ci est indispensable pour se mouvoir dans une infinité de possibles. Mais la marche, elle, se fait au présent et se goûte pas après pas.

Il fallut bien des chemins, un rassemblement intérieur, pour comprendre que le voyage est plus important que le but fixé. Renoncer à la suprématie de l'objectif à atteindre qui tend l'être dans une obligation de réussite et de contrôle, ce qui est une forme de violence déguisée.

Laisser tomber l'enjeu et rester au contact de son désir n'est pas chose aisée, c'est un apprentissage.

À l'arrivée nous ne sommes plus tout à fait les mêmes, des allègements, transformations et enrichissements ont eu lieu, et si nous pouvons nous sentir fiers d'avoir atteint l'objectif, ce qui est vivant intérieurement est le parcours et ses surprises.

Se fait sentir le besoin d'une halte, d'une intégration, et alors que le soleil se lève sur un nouvel horizon, un nouveau chemin à marcher, je baisse le regard et le pose sur mes pieds.




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